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L'Eglise Saint-Sulpice de Faÿ

L'Eglise Saint-Sulpice de Faÿ

L'église Saint-Sulpice de Faÿ date du XIIIe siècle. La chapelle Saint-Augustin, ancienne chapelle des seigneurs parait avoir été ajoutée un peu plus tard, probablement vers la fin du XVe siècle , par les BARTON alors seigneurs de Faÿ.

Il est vraisemblable que des travaux importants aient été éxécutés à la fin du XVIIIe car le plan du chateau et partie du village conservé aux archives nationales comportent un patch avec une correction au trait sur le secteur de l'église. Les détails des modifications justifiant ces correctifs restent indéterminés et sont en cours d'études (peut-être en relation avec l'extension du cimetière attestée dans les registres paroissiaux en date du 9 septembre 1770).

Le plafond de la nef est plus récent suite aux restaurations entreprises par M. RATIER (1868) qui fit construire une sacristie l'ancienne venant d'être remplacée par une chapelle située en face de l'autel Saint-Augustin, formant le croisillon gauche.

En 1760 , le mobilier de l'église était sans doute bien incomplet ou en mauvais état car Jean GRATIER et Jacques HYEST, fermiers à Lavau et Sulpice FROT, receveur de Faÿ ont fait placer chacun un banc dans l'église. Le mobilier fut renouvelé vers 1820 et remplacé avant 1870 par M. RATIER.

Chacun des banc actuels est surmonté d'une croix empâtée de type croix de Malte (armes de ROUGE de PLESSIS-BELLIERE ou symbole lithurgique ?). Ce symbole se retrouve dans différents éléments du décor de l'église et notamment gravé aux quatre coins et au centre d'une plaque de marbre exposée dans le croisillon gauche ainsi que peint en rouge sur le haut du mur droit du choeur (révélé par des travaux récents de restauration du crépi)

D'après Dom Morin (célèbre historien du Gâtinais) il y avait au milieu du choeur un tombeau élévé de trois pieds recouvert d' une tombe représentant un homme armé entouré d'une inscription. Ce tombeau est celui d'Etienne BARTON démoli à une époque indéterminée et dont la pierre servit par la suite au dallage. En 1865, M. ROSEL , curé de Faÿ l'a fait retirer et dresser contre le mur de la chapelle du croisillon droit où on peut la voir actuellement.

Voici la description qu'en donne M. NEVEU dans sa monographie de Faÿ :

"...Le personnage est simplement encadré par un double filet qui contient l'inscription, interrompue aux angles par les attributs des quatre évangélistes. Ce chevalier, la tête découverte, a les pieds posés sur un grand lévrier et les mains jointes. Il porte un haubert de mailles qui dépasse un peu sa cotte très courte, et par dessous le haubert on voit les extrémités des tassettes attachées à la braconnière. Ses bras et ses jambes sont entièrement armés, La cotte armoyée, fendue latéralement, possède des manches larges et rès courtes. Son épée à quillons droits est pendue à son baudrier et passe par l'ouverture de la cotte. En bas, à droite, son armet et de chaque côté des épaules son écusson armoyé de ses armes...L'effigie tient dans ses mains les extrémités de deux banderoles retombant de chaque côté et sur lesquelles on lit ces cinq vers hexamètres... " :

Qui sois-tu ici présent, voué à la mort, arrête-toi, regarde et pleure ;
Je suis ce que tu seras, un peu de cendre, prie pour moi.
Si la probité, la raison, la grâce des vertus, la richesse,
La noblesse de la naissance pouvaient résister à la mort
Le héros qui git sous cette pierre ne serait pas couché là.

L'inscription (du filet) est fort longue et malgré les très nombreuses abréviations et le grand rapprochement des caractères qui la rendent difficile à lire, le tombier n'a pu la renfermer dans les filets; il a été obligé de la terminer au moyen de trois lignes reportées de chaque côté de la tête du chevalier. Voici le texte complet :

Estienne au monument cy gist nommé barton de tous communément regretté comme bon lequel en son vivant de fay fut seigneur de Religion très bonnes moeurs clarifique escuyer Noble en tous les faicts et de noblesse antique Extrait pieux et discret orateur autentique du roy charles feu huictème de ce nom conseiller et d'hostel maistre de bon renom aumosnier humain bening à tout homme Luy jeune estant pellerin fut a rome Et en jerusalem où le sepulcre de Jesus Les sainctslieux visita tout Ramply de Vertu, Mais après soubstenu des douleurs excessifs Muni des sacrements de saincte foi expire Lendemain de noel l'an mil V et six Il rendit lesperit le jour de sainct estienne Requiescat in pace amen."

Cette tombe est une des plus remarquables du Gâtinais. La finesse de la gravure apporte des informations intéressantes sur les détails vestimentaires comme sur la décoration des armes.

Les nombreuses tombes parsemant le dallage ont été, pour la plupart, profanées et détruites peu de temps après la révolution.

Citons cependant deux d'entre elles miraculeusement préservées et actuellement exposées dans la chapelle Saint-Augustin: La tombe de Paul HURAULT de L'HOSPITAL qui porte l'inscription suivante :

Ci gilt vénérable et discrète personne Paul Hurault de l'Hospital archevèque d'Aix, seigneur de Faÿ qui décèda en sep. MDCXXII petit fils du célèbre Michel de l'Hospital chancelier du roy de Navarre et de dame Olympe Dufour de Pibrac

Toujours dans la chapelle Saint-Augustin, dans l'embrasure d'une fenêtre se trouve un petit tombeau à chaque extrémité duquel se trouve une tête d'ange; sur un plaque de marbre noire est gravée l'épitaphe suivante :

"Le coeur de mon époux dans cette urne repose
Cependant que le mien agité de douleurs
soupireincessamaent, et comble de malheurs,
A le suivre au tombeau chaque jour se dispose.
La plus sensible part de mon âme est enclose
dans ce vase ou la mort imprime ses couleurs
quiconque voit ici cet objet de mes pleurs
ne les condamne point s'il en cognut la cause.
Passant, si tu ne scait quel estoit mon époux,
dispense l'amitié qui vivoit entre nous
de ce tendre récit qui trouble ma mémoire
L'espagne avec la Flandre espargnant ma douleur
t'apprendra mieux que moy quelle fut sa valeur
Naples dira sa mort, et la France sa gloire."

Cette inscription fut gravée à la demande de Suzanne de BRUC veuve de Jacques de ROUGE, marquis du PLESSIS-BELLIERE et de Faÿ Lieutenant général des armées du roi mort à Naples le 24 novembre 1654 peu de temps après sa nomination par Louis XIV comme maréchal de France. (la marquise du PLESSIS-BELLIERE, confidente du surintendant FOUQUET mourut en 1705 agée de plus de cent ans) 

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